30.9.17

Écoumène

J'aime les lichens sur les rideaux vermeils, les chambres de prêches, ton regard sourd et nos échanges muets.

J'aime les cendres aux lieds mêlées, les orgues de pluie et les voiles de fumée.

Au loin, le phare veille.

18.5.17

Madeleine

Ce frisson d'aventure, c'était l'arôme insoupçonnée, - veillée de l'enfant à sa fenêtre, attentif au vent glissant dans le lierre. - pluie lunaire dans la tiédeur de la nuit.

Maintenant que la pierre a tout repris, plus aucun souffle n'agite nos rideaux, - les lamaciées ne bruissent plus à la fenêtre, - la moiteur ne vague plus sur nos rivages. - le fleuve peine à charier son récit.

Une goutte du sang raffiné nous rappelle toutes celles qui ont coulé, - entre les lignes du lierre, - entre les plis de la peau. - l'éclair du matin a rejoint l'étoile du soir.

11.5.17

Naufrage

Après que l'idée du déluge se fut rassise,
Un soleil trop grand glissa dans le verre maudit du poète.

L'ombre du sommet se projeta sur la vallée,
Les meutes se formèrent, les continents se regroupèrent.

L'étoile dérobée ne put rejoindre ses ainées.

19.4.17

Nomos

Il neigeait sur la mer rouge. Des coquelicots noirs fânaient dans l'onde
et les sirènes chantaient,

Le marin perdu au large accrocha son regard aux lueurs du phare pour ne pas y succomber,

Des gibiers de potences, canailles, fripouilles et vauriens se goinfraient,

Une horde de goules se tenait prête à attaquer,

- A l'aurore ils seront à genoux,
Non que le ciel soit d'or,
Mais la mer s'avance et les récifs tranchent l'hymen de son amante

lança depuis le trône, Eros à Thanatos

30.3.17

Fable

[Avant les hommes
avant le langage

L'harmonie naturelle
de l'ensemble des êtres

La tonalité fondamentale
et le rythme pur

-

L'homme roulait sans y songer au coeur des nympheas et des théiers
Les enseignes de l'ennuie croissaient le long des plaines nocturnes

Très haut perchés, les blés ondulaient comme les oiseaux moqueurs dans l'onde du satellite
Du moniteur sortirent une fille, la bible et un édulcorant

"Je vois le bien et je l'approuve, je le fais mal." geignit l'ermite calciné par sa médecine naturelle

"Ridicule chemin !" jeta le prêcheur au os délavés (par la pluie savoureuse du déluge)

Cent autres ont chaviré, les parkings ont tous brûlés]

-

Le doux parfum de la nuit, l'épaisseur de ses secrets et de sa beauté sidérante dévoilent au coeur esseulé la grandeur de l'innomé, l'absent de tout éclat

7.3.17

Souvenir du présent

Une montagne noire vient de s'évaporer

Au seuil de l'hiver blanc
Ce vieux trop fatigué
D'avoir défié le vent

Les doigts se jettent dans l'océan
Le coeur s'écroule les mots s'ouvrant
La rose ne coule
Sur l'océan

Enfant ignorant
Perdu bien trop longtemps
Dans le secret
D'un grain de sable

Il faut tuer pour avancer

Evasion des maisons d'arrêt
Pour aller fleurir les tombes
La claie des champs
Et la galerie des masques

A la croisée des chemins
L'aube s'embrase
Où naissent les rouge-gorges

Trop de soleils
Et trop de lunes aussi

Pour le corps
Et pour le coeur aussi

17.5.15

Amnistie

Les masques ont été forgé dans le bois le plus dur
C'est un peuple, non une divinité
Ne pas se croire chez soi
Ici nous sommes étrangers
Lorsque tu cueilles une fleur
offre-la au jardinier
C'est l'une de ces histoires
que l'on contait au coin de feu
et que l'on a oublié

L'ombre ou la nuit

Il y a l'ombre ou la nuit

L'ombre est sage
il lui arrive de rire
entre ses dents pleines de suie

Elle renforce sa présence
du soleil noir de ses regrets

La nuit
une lame venue
de mystérieux rivages
vient s'étaler sur nos visages

Éclat de lune sur les canines
du loup loin de sa meute